30 juin : si nous voulons honorer l’histoire de la RDC, n’oublions pas les femmes qui ont contribué à son indépendance

Chaque 30 juin, la République démocratique du Congo célèbre son indépendance avec une immense fierté. C’est une journée qui nous rappelle le courage de celles et ceux qui ont rêvé d’un Congo libre et souverain.

Comme beaucoup de Congolais, j’écoute les discours, je suis les cérémonies officielles et je vois défiler les noms des grandes figures de notre indépendance. C’est normal. Notre histoire mérite d’être transmise.

Mais, chaque année, une même question me revient : où sont les femmes dans ce récit ?

Des Congolaises ont pourtant accompagné cette marche vers l’indépendance. Elles ont mobilisé leurs communautés, soutenu les mouvements nationalistes, encouragé les leaders de l’époque et participé, souvent dans l’ombre, à cette conquête de la liberté.

Pourtant, leurs noms restent largement méconnus. Peu de Congolais savent qui étaient Joséphine Swale Maya, Julienne Mbengi ou encore Marie Kanza. Leur contribution est rarement évoquée lors des célébrations nationales.

Je ne demande pas que l’on réécrive l’histoire. Je demande simplement qu’on la raconte dans toute sa richesse.

Reconnaître les femmes qui ont contribué à l’indépendance ne retire rien aux hommes qui ont conduit ce combat. Au contraire, cela permet de rendre notre mémoire nationale plus fidèle à la réalité et plus complète.

En tant que journaliste, je suis convaincue que la mémoire est aussi une responsabilité des médias. Nous avons le devoir de rechercher, documenter et transmettre ces parcours afin que les générations futures connaissent toutes celles et tous ceux qui ont participé à la construction de notre pays.

En ce 30 juin, je lance un appel aux historiens, aux chercheurs, aux enseignants, aux médias et aux institutions : poursuivons le travail de mémoire. Continuons à rechercher ces femmes, à raconter leurs histoires et à leur redonner la place qu’elles méritent dans notre patrimoine national.

Parce qu’un pays qui honore toutes les personnes qui ont contribué à sa liberté transmet à sa jeunesse une histoire plus juste, plus complète et plus inspirante.

Maguy MBUKU
Journaliste
MOLOBELI ya Basi

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