DÉNONCER LES VIOLENCES, C’EST BIEN. MAIS À QUAND LES MAISONS DES VICTIMES EN RDC ?

Encore une fois, une femme victime de violences conjugales lance un cri d’alarme parce qu’elle craint pour sa vie.
Elle veut partir. Elle veut être protégée. Elle veut pouvoir vivre.
Mais lorsqu’une femme décide de quitter un environnement violent, une question essentielle se pose : quelles solutions concrètes lui offrons-nous pour se mettre à l’abri ?
Cette question ne concerne pas uniquement les femmes victimes de violences conjugales.
Des jeunes filles subissent également des violences sexuelles, physiques ou psychologiques au sein de leur propre famille. Certaines cherchent à fuir, mais où peuvent-elles aller ? Qui peut les accueillir et les protéger ?


Parce que demander à une victime de parler, de dénoncer, de quitter son bourreau, c’est bien.
Mais encore faut-il lui donner les moyens de le faire en sécurité.
Beaucoup de femmes et de jeunes filles restent silencieuses ou retournent dans un environnement violent parce qu’elles ne savent pas où aller, où dormir, comment se protéger et comment reconstruire leur vie.
C’est pourquoi, en tant que MOLOBELI ya Basi, je lance aujourd’hui un plaidoyer pour la mise en place de Maisons des victimes de violences en RDC, à Kinshasa et progressivement dans les chefs-lieux des provinces.
Ces maisons ne devraient pas être conçues comme des résidences permanentes.
Ce doivent être des lieux de passage, de protection et de reconstruction.
Une femme ou une jeune fille en situation de danger pourrait y être accueillie temporairement, le temps de bénéficier des services dont elle a besoin et de préparer une solution durable.
On devrait pouvoir y trouver notamment :
un accueil sécurisé et confidentiel ;
un hébergement temporaire ;
un accompagnement psychologique ;
un accompagnement social ;
une orientation et une assistance juridiques ;
une orientation médicale ;
un accompagnement dans les démarches auprès de la police et de la justice ;
une orientation vers des solutions de logement et d’autonomisation ;
un accompagnement vers la réinsertion socio-économique.
Pour les jeunes filles, la prise en charge devrait être adaptée à leur âge, à leur situation et aux mécanismes spécifiques de protection qui leur sont destinés.


La RDC dispose déjà d’une Stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre et reconnaît la nécessité d’une prise en charge holistique des victimes et survivantes.
Mais nous devons aller plus loin.
Nous devons faire en sorte qu’une femme ou une jeune fille qui décide de sortir de la violence puisse réellement trouver une porte ouverte.
Une femme ne devrait pas être obligée de retourner chez son bourreau simplement parce qu’elle n’a nulle part où aller.
Une jeune fille victime de violences au sein de sa famille ne devrait pas être contrainte de retourner dans un environnement où elle est en danger faute d’alternative.
Une victime ne devrait pas devoir attendre que sa situation devienne dramatique avant d’avoir accès à une protection.

MON PLAIDOYER
J’en appelle au Gouvernement de la République, particulièrement au Ministère du Genre, de la Famille et de l’Enfant, ainsi qu’aux autorités provinciales :
Faisons des Maisons des victimes une priorité de notre politique de protection.
À Kinshasa d’abord.
Puis progressivement dans les chefs-lieux des provinces.
Construisons ce modèle avec celles et ceux qui travaillent déjà auprès des victimes : organisations de défense des droits des femmes, professionnels de santé, psychologues, travailleurs sociaux, juristes, magistrats, policiers et partenaires techniques.
Parce que la lutte contre les violences ne peut pas s’arrêter au moment où une femme ou une jeune fille dénonce.


La dénonciation doit ouvrir la porte à la protection.
Et la protection doit ouvrir la voie à la reconstruction.
Je ne parle pas seulement pour Linda.
Je parle pour toutes celles qui souffrent en silence.
Pour celles qui veulent partir mais ne savent pas où aller.
Pour celles qui ont déjà quitté leur foyer et tentent de recommencer leur vie.
Pour les jeunes filles qui subissent des violences dans leur propre famille et cherchent une issue.
Pour celles qui n’osent pas encore parler.
En tant que journaliste.
En tant que MOLOBELI ya Basi.
En tant que porte-voix des femmes.
Je pose publiquement cette question :
À QUAND LES MAISONS DES VICTIMES EN RDC ?
Dénoncer les violences, c’est bien.
Protéger les victimes, c’est indispensable.
#MaisonDesVictimesRDC
#MolobeliYaBasi
#StopAuxViolences
#ProtectionDesVictimes
#ChaqueFemmeCompte

Laisser une Réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bonjour