Par Maguy MBUKU MUZEMBE
Journaliste – Stratège en visibilité des femmes – Experte en communication
Chaque 31 juillet, l’Afrique célèbre la Journée internationale de la Femme africaine. Cette journée est importante. Elle rend hommage aux femmes qui, depuis des générations, contribuent au développement de leurs familles, de leurs communautés et de leurs pays.
Mais en 2026, une question s’impose : combien de temps continuerons-nous à célébrer sans accélérer le changement ?
Le thème international de cette année, « Lutte contre les violences basées sur le genre par l’autonomisation économique de la femme », nous rappelle une réalité incontestable : une femme qui dispose d’un revenu, qui entreprend, qui accède à la propriété ou à un emploi décent renforce aussi sa capacité à décider de son avenir. L’autonomisation économique ne résout pas tout, mais elle constitue un levier majeur pour réduire les inégalités et renforcer la protection des femmes.
Le thème national, « Faire du leadership de la femme africaine un héritage intergénérationnel », nous invite à regarder plus loin que les discours. Un héritage ne se construit pas en une journée. Il se bâtit par l’éducation des filles, par le mentorat, par l’accès aux responsabilités, par des politiques publiques cohérentes et par une société qui reconnaît pleinement la valeur du leadership féminin.
En République démocratique du Congo, des avancées sont visibles. De plus en plus de femmes dirigent des institutions, entreprennent, innovent et occupent des fonctions de décision. Ces progrès méritent d’être salués. Mais ils ne doivent pas masquer les défis qui subsistent : les violences basées sur le genre, les inégalités économiques, les obstacles à l’accès au financement, ainsi que les conséquences persistantes des conflits armés, notamment dans l’Est du pays.

La JIFA ne doit donc pas être uniquement un moment de célébration. Elle doit être un rendez-vous d’évaluation. Chaque année, nous devrions pouvoir mesurer les progrès accomplis, identifier les défis qui persistent et renouveler nos engagements en faveur des droits, de la protection et de l’autonomisation des femmes.
Le leadership féminin ne se limite pas aux femmes qui occupent des fonctions de pouvoir. Il se construit également dans les salles de classe, dans les entreprises, dans les exploitations agricoles, dans les rédactions, dans les associations et dans chaque espace où une femme ose prendre sa place et contribuer au développement de sa communauté.
En cette Journée internationale de la Femme africaine, notre responsabilité collective est claire : transformer nos engagements en résultats concrets. Les femmes africaines n’attendent pas des privilèges. Elles demandent des opportunités, des moyens d’agir et la reconnaissance de leur contribution essentielle au développement du continent.
Faire du leadership féminin un héritage n’est pas seulement une ambition. C’est une responsabilité envers les générations présentes et futures.
Maguy MBUKU MUZEMBE
Journaliste – Stratège en visibilité des femmes